Le prince Édouard en 1994. Photo (c) Heptagon/Shutterstock. |
En juillet 1994, le Parti royaliste estonien (Eesti Rojalistlik Partei / ERP) a envoyé une lettre au palais de Buckingham demandant au prince Édouard, le plus jeune enfant de la reine et du duc d'Édimbourg, d'accepter leur invitation à devenir roi d'Estonie. À l'époque, le parti détenait 8 % des sièges au Parlement estonien. L'Estonie avait obtenu son indépendance en 1991 après l'effondrement de l'Union soviétique.
L’homme derrière cette demande excentrique était Kalle Kulbok, le chef du parti royaliste. Dans une interview, M. Kulbok a déclaré : « Un roi britannique sur le trône d’Estonie nous rapprocherait de la Grande-Bretagne, une démocratie que nous aimerions imiter. Cela constituerait surtout une grande protection contre de futures tentatives russes de nous conquérir à nouveau. » Le futur faiseur de roi estonien a ensuite expliqué les vertus du prince Édouard qui lui permettraient de se faire aimer du peuple estonien : « Les Estoniens admirent la jeunesse, qui est exempte de la corruption soviétique. Le prince Édouard est jeune et nous sommes une nation très jeune dirigée par un gouvernement très jeune. Nous aimons les intérêts artistiques du prince Édouard, qui correspondent très bien à ceux de l’Estonie. Je peux également promettre que les journaux estoniens sont beaucoup plus sympathiques et plus respectueux que les médias anglais. » Il s’avère que Kalle Kulbok avait confié ses rêves d’un royaume d’Estonie au célèbre historien Simon Sebag-Montefiore. M. Kulbok confia la lettre du parti royaliste à M. Sebag-Montefiore pour qu'il la remette au palais de Buckingham, ce que ce dernier fit aimablement (et probablement avec une grande dose d'amusement).
Lorsque la nouvelle de cette lettre a été annoncée, un porte-parole de l’ambassade d’Estonie au Royaume-Uni a apporté quelques éclaircissements au peuple britannique : « Les Estoniens ont une très bonne opinion de votre famille royale. Mais le Parti royaliste estonien est notre équivalent de votre parti de fous furieux. Ils ne représentent en aucune façon le gouvernement. » Un porte-parole du palais de Buckingham a confié sous couvert d’anonymat : « C’est une idée charmante mais improbable. »
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